Collectif pour une autre politique de la France en Afrique.
 

Le programme de l’UMP mis à mal "Nous ne soutiendrons ni les dictatures, ni les pays dirigés par des régimes corrompus" Sarkozy : "il n’y a que les imbéciles pour pas changer d’idée"...

Le 4 juillet 2007, par Jean Denard,

* Bongo aux premières loges Après le coup de fil de Sarko au vieil Omar le soir de l’élection, pour le remercier de "ses conseils", le doyen de la Françafrique s’est invité fin mai à l’Elysée avant de rencontrer l’ensemble du gouvernement dans son hôtel particulier. Sarko lui promet 400 millions de dollars de remises de dette. Hortefeux promet que le Gabon sera pionnier en matière de codéveloppement : il se rend d’ailleurs avec Bockel à Libreville, ce jeudi 5 juillet à l’occasion d’une assemblée de la Francophonie, pour huiler la fructueuse coopération entre 2 pays éminemment démocratiques... Preuve en est l’incarcération à Libreville, depuis jeudi 28 juin, soit au-delà du délai légal de 48 heures, du directeur de publication du journal privé gabonais L’Espoir, pour un article critique envers Omar Bongo.

* Sassou Nguesso à l’Elysée C’est ce qui se fait de pire au royaume de la Françafrique : non content de piller son pays et d’y mépriser la démocratie, DSN a du sang sur les mains, et en quantité. Le dictateur du Congo-Brazza fait aujourd’hui mine de s’offusquer des ingérences de la justice française... Evidemment, il ne goûte guère la poursuite de l’affaire du Beach ni l’ouverture d’une enquête pour recel concernant son propre patrimoine immobilier - d’autant que Sarkozy y a donné personnellement son feu vert. C’est donc Sassou qui a insisté pour rencontrer le président français. Sarkozy n’était pas obligé ; il aurait cédé au lobbying de ses proches : Bouygues, Bolloré... et sans doute Total, dont Sassou rencontre le président en sortant de l’Elysée. Kouchner n’est pas en reste : il accueillait Sassou dès son arrivée le 4 juillet à Paris.

* Campaoré héros de Bolloré Quelle ne fut pas notre surprise en voyant le potentat burkinabé faire la "une" et l’objet d’un portrait dithyrambique de 3 pages (non signées) dans "Direct Soir", le journal gratuit de Bolloré lundi 2 juillet ! Selon le quotidien, Blaise Campaoré serait arrivé au pouvoir "après l’assassinat de Thomas Sankara"... ommettant soigneusement de dire que c’est lui l’assassin ! Rien n’est dit de la répression des médias indépendants, à l’image du journaliste Norbert Zongo assassiné en 1998 pour avoir enquêté de trop près sur le frère du président... Pourquoi une telle complaisance du parrain des vacances sarkoziennes ? Un gros marché public à négocier à Ouaga, après avoir perdu celui du port de Dakar ? Nul doute que Blaise devrait avoir, lui aussi, ses entrées à l’Elysée !

Bref : truquage d’élections, détournements de fonds publics, abus de biens sociaux, musellement des opposants, instrumentalisation de la justice, torture... voici quelques-unes des caractéristiques des "Etats démocratiques" avec lesquels Sarkozy et ses amis veulent coopérer en priorité. Beau programme.

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6 février : Constitution de "Cellule Françafrique", collectif pour une autre politique de la France en Afrique

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Dernière mise à jour le :
5 juillet 2007
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