Collectif pour une autre politique de la France en Afrique.
 

Ouverture d’une enquête contre la fortune des 2 dictateurs africains Sassou et Bongo ne seraient-ils plus à l’abri à Paris ?

Le 19 juin 2007, par Jean Denard,

18 juin, jour de résistance. En 2007, cette date marquera peut-être aussi le début d’une rupture dans les relations France-Afrique. Jusqu’alors, les dictateurs africains pouvaient piller leurs pays et jouir du produit du crime en France en toute impunité. Ce 18 juin, le parquet de Paris donne raison aux associations françaises qui ont porté plainte contre les dictateurs africains. Une excellente nouvelle.

C’était de notoriété publique : les dictateurs africains et leur proches allaient et venaient à Paris, y jouissaient de palaces et de limousines sous le regard bienveillant de l’Elysée, sans discontinuer depuis de Gaulle. L’opinion, les politiques et les observateurs semblaient s’y être accomodés. Par cynisme ? les intérêts bien compris de Total, Bolloré, Bouygues ou la BNP priment. Par racisme ? la venue de Pinochet ou Milosevic susciterait un tollé, mais l’Afrique ne serait "pas mûre pour la démocratie", selon le bon mot de Chirac il y a 20 ans. Par fatalisme sans doute aussi, tant les contempteurs de la Françafrique se sont cassé les dents contre la raison d’Etat.

A l’image de la poignée de résistants soucieux de sauver l’honneur de leur pays le 18 juin, quelques associations n’ont pas baissé les bras. Armés de leurs rapports et de leurs convictions, Sherpa, Survie et la Fédération des Congolais de la diaspora ont voulu mettre fin à ce scandale en déposant plainte pour "recel de détournement de fonds publics" contre Sassou, Bongo et quelques autres.

Le 18 juin 2007, en ouvrant une enquête préliminaire, le Parquet de Paris accrédite la thèse développée dans la plainte selon laquelle le patrimoine immobilier considérable de ces chefs d’Etat et de leurs proches aurait été financé sur le dos des Gabonais et des Congolais, qui n’ont même pas de quoi se soigner. Sans préjuger de l’enquête, il s’agit déjà d’une avancée historique, car jamais la justice d’aucun pays ne s’était saisie d’une telle accusation envers des chefs d’Etat étrangers sur simple plainte d’organisations de citoyens.

Les chefs d’Etat sont-ils couverts par l’immunité ? En principe non, car l’immunité ne couvre un chef d’Etat que pour les actes commis dans le cadre de ses fonctions... le détournement du budget de l’Etat n’entre pas précisément dans leurs attributions ! Par ailleurs, la famille de ces personnalités, également l’objet de cette enquête, n’est couverte par aucune immunité. La condamnation pénale, à Paris, des enfants ou cousins d’Omar Bongo ou Denis Sassou Nguesso enverrait, à n’en pas douter, un formidable signal aux peuples africains.

Reste à espérer que l’Office de la grande délinquance financière, saisi du dossier, ne sera pas entravé dans son travail par l’intrusion du pouvoir politique. Sarkozy a en effet noué des liens étroits avec Bongo, qu’il a appelé le soir de son élection puis accueilli les bras ouverts à l’Elysée, avant que l’ensemble du gouvernement ne défile dans l’appartement particulier du Gabonais, près de la place Victor Hugo. Selon la rumeur, Sarkozy pourrait également recevoir Sassou Nguesso dans les semaines qui viennent.

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6 février : Constitution de "Cellule Françafrique", collectif pour une autre politique de la France en Afrique

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Dernière mise à jour le :
24 juillet 2007
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