
Le 30 juillet 2007, par Jean Denard,
Sarkozy ne sait plus quoi inventer pour justifier sa visite décriée à Libreville... Après avoir invoqué l’âge d’Omar Bongo : "en Afrique, le doyen, ça compte", le voilà qui se sent obligé de louer les mérites de la "démocratie" gabonaise...
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Question du journaliste de RFI : « La justice française a ouvert le mois dernier une enquête préliminaire sur les biens immobiliers des présidents Bongo et N’Guesso. Est-ce que cette enquête ne pose pas le problème de la mauvaise gouvernance ? Est-ce qu’elle n’écorne pas l’image du Gabon, du Congo Brazzaville et des relations de ces deux pays avec la France ? »
Réponse de Nicolas Sarkozy : « Sur les éléments dont vous venez de parler, il y a une enquête préliminaire qui a été engagée d’ailleurs avant que je ne devienne président de la République. Que la justice fasse son travail. Mais je ne vois pas au nom de quoi cela devrait avoir un impact sur les relations entre notre pays et le Gabon. Si à chaque fois qu’il y avait des enquêtes judiciaires, il fallait qu’on arrête nos relations, on ne les aurait pas arrêtées simplement du côté africain, si vous voyez ce que je veux dire. Attendez que la justice fasse son travail et on verra bien.
J’ajoute que j’aimerais que l’on soit juste avec nos amis africains. S’agissant du Gabon, je ne pense pas que cela soit le pays qui ait le plus à rougir du fonctionnement de la démocratie interne par la pluralité de la presse, par la pluralité des forces politiques. »
* Omar Bongo est au pouvoir depuis 40 ans en multipliant les simulacres d’élection, qu’il remporte toujours avec des scores "soviétiques"...
* La pluralité et la liberté de la presse s’arrête là où la critique du président commence... en témoigne l’emprisonnement, fin juin, du directeur du journal L’Espoir qui s’était autorisé des mots désagréables à l’oreille d’Omar Bongo.
* L’opposition n’existe pratiquement pas : les partis de soi-disant opposition sont créés de toutes pièces et contrôlés par le pouvoir. Tous ceux qui, au cours des dernières décennies, ont tenté de bâtir une opposition crédible ont été isolés, intimidés et souvent ruinés par un régime prédateur, qui partage avec les entreprises françaises la mainmise sur les richesses du pays. Les ardeurs des plus fervents démocrates gabonais s’en sont trouvées refroidies...
Nicolas Sarkozy serait-il mal informé au point d’ignorer tout cela ?
Autre contre vérité... Nicolas Sarkozy, pendant cette conférence de presse, prétend que l’enquête préliminaire du Parquet de Paris sur les biens immobiliers des chefs d’Etats africains, notamment ceux d’O. Bongo a été ouverte avant son entrée en fonction. Or, c’est lui qui a donné le feu vert pour l’ouverture de cette enquête, au lendemain des élections législatives, le 18 juin... il était à l’Elysée depuis plus d’un mois ! Il avait déjà reçu une première fois le président gabonais à l’Elysée. (voir la vidéo de cette rencontre)