Collectif pour une autre politique de la France en Afrique.
 

Biafine Sarkozy à Bourgi : "Reste à l’ombre pour ne pas attraper de coups de soleil"

Le 12 septembre 2011, par Jean Denard,

Qui peut croire une minute que Robert Bourgi, tel le nuage de Tchernobyl bloqué à la frontière, ait cessé tout portage de valises depuis son ralliement à Sarko ??

Le 27 septembre 2008, Nicolas Sarkozy remet la Légion d’honneur à l’Elysée à Robert Bourgi devant notamment des représentants du Gabon, de Côte d’Ivoire et du Congo-Brazzaville. Il lui dit : « sur le terrain de l’efficacité et de la discrétion, tu as eu le meilleur des professeurs [en parlant à Jacques Foccart]. Reste à l’ombre pour ne pas attraper de coups de soleil ». La vidéo vaut son pesant de cacahouètes (après 1h02) !

Mais cette Légion pourrait avoir altéré la mémoire de Bourgi. Sa volonté déclarée de nettoyer les relations entre la France et l’Afrique semble un tout petit peu sélective. A l’écouter, le président Bongo (pour ne prendre que lui !) aurait complètement cessé de huiler les rouages de la Françafrique sous Sarkozy. Nous avons quelques raisons de douter de la parole de l’homme d’affaires franco-libanais à ce sujet :

1. « Le 14 janvier 2007, au Congrès UMP d’investiture du candidat Sarkozy, il y avait au premier rang, parmi les contributeurs de la campagne, Pascaline, la fille du président Omar Bongo, qui gère toutes ses participations dans les sociétés commerciales et ses comptes en banques à l’étranger, et Paul Toungui, le ministre des Finances du Gabon ». Voyez plutôt, encore, le film La Françafrique épisode 2 (allez directement à 1h01 de visionnage).

2. En mars 2007, à quelques semaines du premier tour, Nicolas Sarkozy (de même que Dominique de Villepin et François Bayrou) se rend chez Omar Bongo à Paris... pour s’incliner devant le Vieux Sage ? La télé gabonaise en a parlé ; curieusement la télé française, moins !

3. Le 6 mai 2007, quelques minutes avant la proclamation officielle des résultats du second tour des présidentielles, le nouveau chef de l’Etat appelle Omar Bongo pour le remercier de ‘ses bons conseils’ ? Mais quels types de conseils celui qui était alors au pouvoir au Gabon depuis 40 ans a-t-il donc pu lui prodiguer ?

4. Nicolas Sarkozy recevra Omar Bongo dès sa première semaine à l’Elysée et obligera la moitié de son gouvernement à faire des courbettes devant le doyen des dictateurs.

5. Il fera peu après cadeau à Bongo d’une remise de dette du Gabon à hauteur de 20% de la dette contre l’avis de Bercy qui refusait de dépasser 5% d’allègement... Les ONG s’en étaient émues !

6. Et ce n’est pas tout : Nicolas Sarkozy se rendra à Libreville dès sa première tournée africaine en juillet 2007. Selon Jean-François Probst, cité par Le Parisien, le chef de l’Etat en aurait profité pour engranger un milliard de francs CFA (1,5 million d’euros) ! Juste rétribution d’une remise de 150 millions d’euros de dette ?

7. N. Sarkozy fera tout pour étouffer l’affaire des biens mal acquis qui menace de révéler comment les clans Bongo, Sassou Nguesso et Obiang Nguema dilapident l’argent de leur pays : il ordonne une première fois d’enterrer l’affaire en 2007, puis demande au Parquet de faire appel chaque fois que l’enquête menaçait d’être ouverte... Heureusement il a perdu.

8. Surtout, il est le premier président de la République à destituer un ministre pour faire la volonté d’un dictateur africain quand, en février 2008, il cède aux demandes d’Omar Bongo en retirant à Jean-Marie Bockel son portefeuille de secrétaire d’Etat à la Coopération, lui qui avait eu le tort de croire aux promesses sarkozyennes de rupture avec la Françafrique. Son glorieux successeur Alain Joyandet ne manquera pas d’aller se prosterner devant "Le Vieux". La Cellule ne l’entendait pas de cette oreille...

9. A en croire des câbles diplomatiques révélés par Wikileaks le 29 décembre 2010, 28 millions d’euros auraient été détournés de la Banque des Etats d’Afrique centrale (BEAC) par Omar Bongo pour financer les activités politiques de Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy. Le 12 juin 2009, un haut fonctionnaire de la BEAC expliquait à un diplomate américain en poste à Yaoudé (Cameroun) que « Les dirigeants gabonais ont utilisé les fonds détournés pour leur enrichissement personnel et, suivant les instructions de Bongo, ont remis une partie de l’argent à des partis politiques français, y compris en soutien au président Nicolas Sarkozy. ».

10. Enfin, Nicolas Sarkozy a manifestement choisi de prolonger le clan Bongo au pouvoir au Gabon en avalisant la soi-disant élection d’Ali Bongo en août 2009, alors que plusieurs repentis parmi les autorités françaises admettent qu’il était nettement devancé. Là aussi, le film La Françafrique parle de lui-même (4ème minute).

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6 février : Constitution de "Cellule Françafrique", collectif pour une autre politique de la France en Afrique

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Dernière mise à jour le :
12 septembre 2011
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