Collectif pour une autre politique de la France en Afrique.
 

Dans la rubrique "anciens combattants de la rupture" Bockel puni pour avoir tapé sur la Françafrique, Joyandet pour le remplacer

Le 18 mars 2008, par Jean Denard,

Le remaniement ministériel est présenté comme "marginal" à Matignon. Pour l’Afrique il ne l’est pas. Bockel n’était pas un ministre parfait, mais ses propos contre la Françafrique et le pillage du pétrole africain étaient sans ambiguïté. Est-ce cela qu’il paie aujourdh’ui ? Il est relégué aux anciens combattants.

Ca se passe vingt-cinq ans après le socialiste Jean-Pierre Cot, ministre de la coopération internationale qui avait été écarté par François Mitterrand pour avoir voulu rénover la politique française de soutien aux pires régimes d’Afrique.

On est sous Sarkozy II, que l’on nous dit apaisé, moins bling bling, moins impulsif. C’est que la décision est mûrement réfléchie. Si le soldat Bockel est relégué aux Anciens combattants, au lendemain des funérailles nationales du dernier des poilus, Lazare Ponticelli, il ne le doit pas hasard. Au lendemain d’une claque électorale monumentale, Jean-Marie Bockel est l’un des rares ministres à sauver son siège au second tour, à Mulhouse, faisant même basculer avec lui sa ville de gauche à droite. On aurait pu imaginer plus belle récompense que ce ministère des hommages posthumes pour un homme qui s’était tout de même plié, pendant son court mandat rue Monsieur, au rituel passage par Libreville et Brazzaville. Sans sa victoire alsacienne, on peut penser qu’il eût été purement et simplement écarté de la nouvelle équipe gouvernementale.

Ses appels répétés à en finir avec la Françafrique et avec le pillage des ressources du continent noir avaient dû finir par exaspérer les Guéant et autres tenants du statu quo dans la politique africaine de la France. Alors que Sarkozy prépare ses valises de contrats pétroliers avant son voyage en Angola, initialement prévu fin février et confirmée pour le 23 mai prochain, l’Elysée n’a pas voulu prendre le risque de nouvelles sorties du trublion Bockel.

Pour le remplacer, Alain Joyandet. Le maire de Vesoul est un fidèle et, surtout, un bleu en matière de coopération. C’est dire l’importance accordée à la compétence en la matière, alors que l’agenda international est extrêmement chargé en matière de développement, par un président qui se veut pourtant l’apôtre de la méritocratie.

Après 9 mois d’une "étonnante" continuité dans la politique africaine, marquée dernièrement par le désastre tchadien, l’annonce fin février de la renégociation des accords de défense et d’un rôle accru laissait entrevoir un changement de Cap... ou du moins l’influence grandissante des conseillers les plus progressistes parmi l’entourage du chef de l’Etat. L’éviction de Bockel apparaît comme un nouveau revirement d’un président qui navigue manifestement en eau trouble au sud du Sahara.

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6 février : Constitution de "Cellule Françafrique", collectif pour une autre politique de la France en Afrique

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Dernière mise à jour le :
18 mars 2008
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