
Le 12 juillet 2007, par Antoine Houphouët-Boigny,
Ou comment des paiements qui seraient le produit de la vente de pétrole ont atterri dans des comptes offshore, en passant par des sociétés écrans, puis ont servi pour régler les soldes de cartes de crédit des proches du président congolais ?
Alors que 70% des citoyens congolais gagnent moins d’un dollar par jour, Denis Christel Sassou Nguesso, à la fois le fils du Président et le dirigeant de la Cotrade, la filiale de la compagnie pétrolière nationale congolaise, la SNPC, en charge de commercialiser le pétrole, a dépensé 35 000 dollars en août 2006 sur des articles de marque comme Louis Vuitton et Roberto Cavalli.
L’audition dans une affaire de justice récente à Hong Kong a révélé que le solde de la carte de crédit du jeune Sassou, et celui de la carte de Blaise Elenga, ancien avocat de la SNPC et actuel numéro deux de la Cotrade, ont été payés avec des fonds provenant de compagnies basées dans le paradis fiscal d’Anguilla, Elenga Investment Limited (EIL) et Long Beach Limited. EIL et Long Beach Limited appartiennent respectivement à Blaise Elenga et Denis Christel Sassou Nguesso. Ces deux compagnies semblent avoir reçu, via d’autres compagnies écrans, des fonds liés à la vente du pétrole congolais.
C’est l’ONG britannique,Global Witness qui fait état de ces achats extravagants, mettant en ligne les factures ou autres relevés de cartes bancaires que vous pouvez retrouver ici. Les avocats du fils du président congolais ont demandé à ce que ces documents soient retirés du site de Global Witness mais une cour de justice britannique en a décidé autrement, le 15 juillet, au nom de la liberté d’expression. Les documents sont donc toujours téléchargeables sur le site de Global Witness ou même visible en vidéo.