
Le 18 juillet 2007, par Jean Denard,
Heureusement que Sarkozy avait annoncé la rupture avec la Françafrique... sinon on n’y aurait pas cru. On se souvient qu’en novembre dernier, la France est intervenue militairement au Tchad sans que Chirac en informe le parlement.
Sarkozy, qui se dit soucieux que le président réponde de ses actes devant la représentation nationale, a-t-il demandé le soutien parlementaire pour accueillir, sous les ors de la République, le criminel Idriss Déby, bourreau du peuple tchadien ?
La dépêche officielle :
Le président français Nicolas Sarkozy recevra jeudi 19 juillet son homologue du Tchad, Idriss Déby, pour un entretien centré sur la crise du Darfour (ouest du Soudan), a annoncé jeudi le porte-parole de l’Elysée David Martinon. "La question du Darfour sera au coeur de cet entretien", a indiqué M. Martinon lors de son point de presse hebdomadaire.
La Grande-Bretagne, la France et le Ghana ont commencé à faire circuler mercredi au Conseil de sécurité de l’ONU un projet de résolution autorisant le déploiement d’une force de maintien de la paix ONU-Union africaine au Darfour pendant un an.
Paris avait accueilli le 25 juin une réunion sur le Darfour, la première de ce type en quatre ans de guerre civile, au cours de laquelle les grandes puissances, Chine et Etats-Unis notamment, avaient promis de redoubler d’efforts pour essayer de mettre fin à la tragédie.
Khartoum accuse le Tchad de soutenir les rebelles agissant au Darfour, N’Djamena affirmant de son côté que le Soudan appuie la rébellion tchadienne. En mai, M. Déby et son homologue soudanais Omar el-Béchir ont signé un accord les engageant à mettre fin à ces soutiens.
La France discute aussi avec les autorités tchadiennes du déploiement d’une force internationale, à forte composante européenne, pour "sécuriser" l’est du Tchad déstabilisé par la crise du Darfour voisin. Les réfugiés du Darfour dans l’est du Tchad sont estimés à plus de 200.000 et les déplacés tchadiens à quelque 150.000.
La France, dont plus de 1.000 soldats sont stationnés au Tchad dans le cadre du dispositif Epervier, conduit depuis le 17 juin un pont aérien pour transporter l’aide aux déplacés et réfugiés.
La visite du président Déby intervient plus de deux semaines après la mort de son fils aîné, Brahim, près de Paris. Il avait été retrouvé asphyxié dans le parking de son immeuble, le corps recouvert de poudre d’extincteur.
La justice française a ouvert une information judiciaire contre X pour "assassinat".