
Des citoyens français qui avons en commun d’être révoltés par ce que le gouvernement français, en particulier le Président de la République, fait en notre nom en Afrique depuis bientôt un demi-siècle, et que nous appelons ‘Françafrique’ :
• Soutien et mise en place de régimes despotiques et corrompus • Assassinat d’opposants aux régimes « amis » • Assistance aux opérations de manipulation électorale • Soutien aveugle au régime génocidaire rwandais • Contrôle militaire et monétaire des Etats africains • Pillage des ressources naturelles du continent au profit des entreprises françaises • Utilisation de l’aide au développement au profit des intérêts géopolitiques et économiques de la France et de certains intérêts particuliers.
Certains verront dans cette liste un procès d’intention à l’encontre de la France, qui aime à parler d’elle comme une « amie de l’Afrique ». Malheureusement, chacun de ces points est étayé par l’histoire contemporaine et de nombreux écrits . La multiplication des manifestations anti-françaises en Afrique (célébration des défaites de l’équipe de France de football à Brazzaville, assauts contre des symboles de la France en Côte d’Ivoire) se nourrit de cette histoire.
Nous ne sommes pas anti-français. Au contraire, nous croyons au meilleur de la tradition de notre pays : les droits de l’Homme, la liberté, l’égalité et la fraternité. C’est de voir ces traditions bafouées en Afrique, au nom du peuple français, qui nous révolte. Aimé Césaire écrivait que « la colonisation avilit le colonisateur ». C’est bien de l’honneur de la France, donc du nôtre, qu’il s’agit ici.
La plupart d’entre nous sommes jeunes : nous ne nous sentons pas coupables de la politique menée par les gouvernements français successifs depuis les décolonisations africaines. Mais nous serions responsables de ne pas empêcher sa perpétuation.
La nouvelle présidence qui commence doit être l’occasion d’un changement radical et, comme nous y invitent les peuples africains (voir l’appel de la société civile africaine), d’un « nouveau contrat de génération entre l’Afrique et la France ». C’est en entendant cet appel, formulé lors du Forum social mondial de Nairobi (Kenya), que nous avons décidé de nous en faire l’écho auprès des candidats à l’élection présidentielle en créant la cellule Françafrique.
Pour nous contacter : info[at]cellulefrancafrique.org
Pour mieux la démasquer.
Car la politique africaine de la France ne se décide pas au parlement, elle n’est jamais débattue publiquement. Depuis près de cinquante ans, c’est à l’Elysée, ou plutôt à la cellule africaine de l’Elysée (sise rue de l’Elysée), que le Président et ses conseillers décident de renverser ou de maintenir les régimes africains au gré des intérêts présumés de l’Hexagone. En novembre 2006, par exemple, la cellule a envoyé l’armée française soutenir la dictature aux abois d’Idriss Déby au Tchad, sans même en informer l’assemblée nationale...
La cellule africaine est indissociable de son fondateur, Jacques Foccart, nommé par le Général de Gaulle puis inspirateur de Chirac (qui, au début de son mandat, admettait l’avoir tous les jours au téléphone).